
Les syndics me posent toujours cette question : « TRV ou offre de marché, qu’est-ce qui revient vraiment moins cher ? » La réponse tient en trois mots : ça dépend. Du compteur. Du profil d’occupation. Et surtout, de ce que personne ne prend le temps d’analyser : la version tarifaire du TURPE. Selon la CRE, les copropriétés dont la puissance ne dépasse pas 36 kVA conservent le choix entre tarif réglementé et offre de marché. Les autres n’ont plus cette option depuis 2016. Voici comment trancher pour votre immeuble.
L’essentiel sur le choix TRV ou offre de marché en 30 secondes
- Compteur ≤36 kVA : vous pouvez choisir TRV ou offre de marché
- Compteur >36 kVA : offre de marché obligatoire depuis 2016
- Le TRV n’est pas toujours le moins cher : tout dépend de votre profil
- Changement de fournisseur = vote AG à la majorité simple (article 24)
Ce qui m’étonne encore aujourd’hui, c’est le nombre de conseils syndicaux qui signent un contrat sans avoir vérifié leur version TURPE. Une erreur qui coûte entre 8 et 15 % de la facture annuelle. Sur une résidence de 50 lots, ça représente facilement 400 à 600 euros par an. Jetés par la fenêtre.
Je vais vous expliquer comment éviter ce piège et surtout, comment présenter un dossier béton à votre prochaine assemblée générale.
Au sommaire
TRV et offre de marché : ce que cachent vraiment ces deux options
Soyons clairs. Le tarif réglementé de vente (TRV), c’est le fameux « Tarif Bleu » d’EDF. Un prix fixé par les pouvoirs publics, révisé deux fois par an en février et août, selon la CRE. Au 1er février 2026, comptez environ 30,85 €/MWh pour la partie fourniture. L’offre de marché, elle, c’est la jungle. Prix fixe, prix indexé, formules avec ou sans engagement. Chaque fournisseur y va de sa créativité.
L’idée reçue qui circule dans les conseils syndicaux ? « Le TRV est toujours moins cher. » Faux. Dans les copropriétés que j’accompagne en région lyonnaise, j’observe régulièrement des offres de marché 5 à 8 % moins chères que le TRV. À condition de savoir négocier. Et c’est là que ça coince.
Ce que votre facture ne vous dit pas clairement : Le prix du kWh ne représente qu’un tiers de ce que vous payez. Le reste ? C’est le TURPE (acheminement via Enedis), les taxes, et les fameux certificats d’économies d’énergie (CEE). Ces CEE pèsent environ 4 % de votre facture selon la Cour des comptes.
Franchement, comparer les offres seul prend un temps fou. Les pièges sont nombreux : clauses de révision cachées, engagement ferme de 24 mois, pénalités de résiliation. Je recommande systématiquement de passer par un courtier spécialisé. Un professionnel qui analyse les contrats d’électricité copropriété au quotidien repère en quelques minutes ce qui vous prendrait des heures à décrypter.
Reste une question fondamentale. Votre copropriété a-t-elle encore le droit de choisir le TRV ?
Votre copropriété peut-elle encore choisir le tarif réglementé ?
La réponse se trouve sur votre facture. Cherchez la ligne « puissance souscrite ». C’est elle qui détermine tout.
Compteur ≤36 kVA : le choix reste ouvert
Bonne nouvelle pour les petites et moyennes copropriétés. Si votre compteur ne dépasse pas 36 kVA, vous conservez l’accès au tarif réglementé. C’est le cas de la majorité des résidences jusqu’à 80-100 lots environ. Concrètement, vous pouvez rester au Tarif Bleu EDF ou basculer vers une offre de marché. Et revenir au TRV plus tard si l’offre de marché vous déçoit.
J’ai accompagné l’an dernier la résidence Le Clos des Vignes à Villeurbanne. 48 lots, compteur pile à 36 kVA. Le conseil syndical hésitait entre maintenir le TRV et tester une offre indexée. Après analyse, nous avons conservé le TRV avec optimisation des heures creuses. Résultat : 890 euros d’économie annuelle sans prendre de risque. Parfois, la meilleure décision, c’est de ne pas changer.
Compteur >36 kVA : l’offre de marché est obligatoire
Pour les grandes copropriétés (plus de 100 lots en général), c’est différent. Depuis 2016, le TRV n’existe plus au-delà de 36 kVA. Vous devez obligatoirement souscrire une offre de marché. Sans négociation, vous payez le prix fort. C’est précisément dans ce cas qu’un courtier en énergie devient indispensable. Les écarts entre fournisseurs peuvent atteindre 15 à 20 % sur un même profil de consommation.

Cas particulier des résidences à occupation saisonnière
Les résidences secondaires de montagne ou du littoral présentent un profil atypique. Occupation concentrée sur quelques mois, consommation quasi nulle le reste de l’année. Dans ce cas, l’offre de marché avec abonnement réduit peut s’avérer plus avantageuse que le TRV. Attention toutefois à la version TURPE : optez pour une version adaptée à l’utilisation ponctuelle, pas pour celle conçue pour une occupation permanente.
Quel contrat pour votre copropriété ? Suivez le guide
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Votre compteur dépasse-t-il 36 kVA ?
→ Oui : Offre de marché obligatoire. Comparez minimum 3 fournisseurs.
→ Non : Passez à la question suivante.
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Quel est le profil d’occupation de votre résidence ?
→ Occupation permanente : Le TRV reste souvent compétitif. Vérifiez l’option heures creuses.
→ Occupation saisonnière : Une offre de marché avec abonnement modulable peut être plus adaptée.
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Avez-vous le temps d’analyser les offres ?
→ Oui : Utilisez un comparateur de prix de l’électricité professionnel.
→ Non : Faites appel à un courtier qui négocie pour vous.
Ce qui compte vraiment, c’est d’anticiper. Les évolutions réglementaires autour de la fin du tarif réglementé en copropriété restent un sujet à surveiller. Les règles peuvent évoluer, et mieux vaut se préparer que subir.
| Critère | Tarif réglementé (TRV) | Offre de marché |
|---|---|---|
| Stabilité du prix | Révision encadrée (2x/an par la CRE) | Variable selon contrat (fixe ou indexé) |
| Potentiel d’économies | Limité (prix régulé) | Jusqu’à -15 % si bien négocié |
| Flexibilité contractuelle | Sans engagement, résiliation libre | Souvent 12-24 mois d’engagement |
| Démarches | Simples (fournisseur historique) | Comparaison + vote AG requis |
| Risque de hausse | Modéré (encadrement étatique) | Élevé si offre indexée mal calibrée |
Comment optimiser la facture des parties communes (avec ou sans changement de contrat)
L’erreur la plus fréquente que je constate ? Le choix d’une version tarifaire TURPE inadaptée. Sur les dossiers traités ces trois dernières années en Auvergne-Rhône-Alpes, ça génère un surcoût moyen de 8 à 15 % sur la facture annuelle. Une copropriété occupée toute l’année avec une version « courte utilisation » paye le prix fort. L’inverse aussi.
Avant de changer de fournisseur, vérifiez ce point. C’est gratuit et ça peut suffire à réduire la facture de plusieurs centaines d’euros.

Conseil terrain : Demandez à votre gestionnaire de vous transmettre les trois dernières factures annuelles. Vérifiez la version TURPE mentionnée (LU, MU ou CU). Si vous êtes en LU (longue utilisation) avec une résidence secondaire, c’est probablement là que vous perdez de l’argent.
Ce que je recommande systématiquement aux conseils syndicaux : ne jamais présenter un seul devis en AG. Minimum trois. Et pour ceux qui veulent approfondir, il existe des pistes pour une électricité moins chère qui dépassent le simple changement de fournisseur.
Votre checklist pour l’AG : les 6 points à préparer
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Copie de la facture actuelle avec puissance compteur visible
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Minimum 2-3 devis comparatifs de fournisseurs
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Synthèse des économies potentielles en euros/an
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Calendrier prévisionnel (vote → signature → mise en service)
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Réponses préparées aux objections prévisibles
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Résolution type pour le vote (majorité article 24)
Timeline typique d’un changement de fournisseur :
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Réception des devis fournisseurs -
Analyse comparative et préparation dossier AG -
Vote en AG (majorité article 24) -
Signature du nouveau contrat -
Mise en service effective
Vos questions sur le choix du contrat d’électricité en copropriété
Peut-on revenir au tarif réglementé après avoir choisi une offre de marché ?
Oui, à condition que votre compteur ne dépasse pas 36 kVA. Le retour au TRV est gratuit et sans délai. Contactez simplement EDF pour demander la réintégration au Tarif Bleu.
Quelle majorité faut-il pour changer de fournisseur en AG ?
D’après l’article 24 de la loi de 1965, les contrats de fourniture d’électricité relèvent de la gestion courante. La majorité simple des voix exprimées suffit : copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance.
Combien de temps prend un changement de fournisseur ?
Comptez 30 à 45 jours entre la signature du contrat et la mise en service effective. Le nouveau fournisseur s’occupe de la résiliation auprès de l’ancien. Aucune coupure n’est à craindre pendant la transition.
Les copropriétaires peuvent-ils choisir individuellement leur fournisseur pour les parties communes ?
Non. Le contrat d’électricité des parties communes est collectif. Seule l’assemblée générale peut décider du fournisseur. En revanche, chaque copropriétaire reste libre de choisir son propre fournisseur pour son logement privatif.
Comment savoir si notre copropriété est éligible au TRV ?
Vérifiez la puissance souscrite sur votre facture d’électricité des parties communes. Si elle indique 36 kVA ou moins, vous êtes éligible. Au-delà, seules les offres de marché sont accessibles.
Ce qu’il faut retenir
Le choix entre TRV et offre de marché n’est pas une question de principe. C’est une question de profil. Vérifiez votre puissance compteur, analysez votre version TURPE, et surtout, ne vous lancez pas seul dans la comparaison des offres de marché. Un courtier spécialisé copropriétés vous fera gagner du temps et souvent de l’argent.
Plutôt que de conclure, posez-vous cette question : avez-vous vérifié récemment si la version tarifaire de votre contrat correspond vraiment au profil d’occupation de votre résidence ?
Précisions sur les tarifs et conditions 2026
- Les tarifs mentionnés sont ceux en vigueur en mars 2026 et peuvent évoluer lors des prochaines révisions de la CRE
- L’éligibilité au TRV dépend de la puissance souscrite au compteur, à vérifier sur votre facture actuelle
- Chaque copropriété ayant un profil de consommation différent, une analyse personnalisée reste recommandée
En cas de doute, consultez un courtier en énergie ou un conseiller spécialisé copropriétés avant toute décision engageante.